Coach et athlète, retour sur le parcours d’André Houdet aux Fittest in Cape Town

Dans CrossFit par Elie MargerinLaissez un commentaire

Athlète présent aux Méridian Regionals en 2018, finaliste à certaines des compétitions les plus prestigieuses du circuit européen, telles que le « German Throwdown » ou le « French Throwdown », André Houdet nous livre à chaud ses impressions à l’issue de son parcours impressionnant lors du « Fittest in Cape Town ». Plutôt que d’être un résumé des épreuves vous trouverez ici les clés qui font sa réussite et qui pourraient aiguiller votre propre entraînement ou état d’esprit vis à vis de votre vie d’athlète ou d’entraîneur.

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La qualification au « FICT » c’est un peu un mal entendu pour André. Dans l’incapacité de prendre part aux qualifications des Dubai Fitness Championship et de Wodapalooza pour des raisons familiales, le voilà qui, après 8 heures de vol, se lance dans l’aventure.
Trois jours pour réaliser sur le pouce  les épreuves de qualification. BANG! Le verdict tombe, le franco-danois est cinquième du leaderboard.

Mais loin de s’enthousiasmer, le coach de la prestigieuse box « Inner Fight » à Dubai garde la tête froide et ne fait aucun plan sur la comète.

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Cet état d’esprit il l’a acquis avec l’expérience de celui qui, déjà tout jeune, pratiquait le football américain sur les terres de l’oncle Sam et qui, très tôt, n’a pas hésité avec un salaire modeste à consacrer ses économies pour se former en Islande auprès de certains noms devenus reconnus depuis, tels que Bjorgvin ou Sigmundsdottir.
Il les connais trop bien les aléas de la compétition celui qui a raté d’un rien sa qualification aux Meridian Regionals en 2017. La programmation, les juges, il y a trop de paramètres sur lesquels on ne peut exercer aucun contrôle.

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« Plutôt que d’avoir des attentes, nous préférons nous focaliser sur les choses que nous pouvons contrôler lors de la compétition. »

Ces « choses » ce sont ses repas, sa récupération, ses routines d’échauffement et bien entendu sa stratégie. Ce « nous » qu’il emploiera dès lors qu’il abordera la compétition, c’est lui et sa compagne, une des coachs les plus expérimentées que vous pourrez rencontrer à CrossFit Yas à Abu Dabi. C’est cette dernière qui l’aide à voir un peu plus grand, à se faire confiance, à prendre des risques.

Et ces risques paient, puisqu’à l’issue des 6 premières épreuves (sur 10 au total réparties sur 4 jours) André est à la première place du classement général.

Mais là encore, le compétiteur relativise. Comme un boxeur qui touche, il ne considère pas son attaque comme bonne, mais la défense de l’adversaire comme imparfaite.

« Les premières épreuves, n’étaient pas spécialement pour moi, mais ces évents, comme la course d’obstacles ou le paddle board, viennent tester des aptitudes en dehors de ce que l’on trouve à la box. Quelques part elles mettent tout le monde sur un pied d’égalité. »

Le fitness vu comme une capacité d’adaptation, c’est bien en comprenant un de ces principes phares de la méthodologie CrossFit qu’André remporte le parcours d’obstacles et signe une jolie 6ème place au paddle après être pourtant rentré le dernier dans l’eau.

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A l’issue de ces trois premières journées, troisième au classement général, André le sait, il a les capacités de jouer parmi les grands noms du CrossFit Mondial. Sur le top 10 des athlètes engagés à Cape Town 8 ont déjà participé aux CrossFit Games. On y retrouve des noms comme l’athlète de Ben Bergeron Cole Sager, la légende canadienne « Fear the Beard » Lucas Parker et bien d’autres.

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« Parmi eux, tout le monde squatte 200 kilos, est excellent en gymnastique, ils n’ont pas de grosses failles dans leurs armures, ont des qualités bien équilibrées et en plus ils sont sympas ».

La dernière journée sera moins éclatante, des thrusters à 75 kilos puis un clean ladder costaud, avec 15 barres supérieures aux 80% de son 1RM (comprenez répétition maximale) auront raison de ses espoirs de se voir invité au CrossFit Games à Madison Wisconsin.

Mais c’est là que le vrai compétiteur se révèle. Loin d’être frustré ou en colère, André est reconnaissant, envers les juges, les volontaires et l’organisation, mais aussi pour cette vérité brutale qu’offre le monde de la compétition.

« Je suis dans une courbe d’apprentissage. Je n’ai pas échoué ni commis d’erreur, je suis simplement là où je dois être. Grâce à la compétition j’ai pu identifier mes faiblesses, je manque de force brute. Je vais pouvoir avancer dans la bonne direction. »

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Ainsi, avec cette sixième place, il pose un jalon supplémentaire vers la réalisation de son ambition de participer aux CrossFit Games. La saison n’est d’ailleurs pas terminée et vous retrouverez son nom à n’en pas douter sur le leaderboard danois des Open aux côtés de Rasmus Andersen (déjà invité en équipe à l’issue des Dubai Fitness Championship), d’un certain Filip dit « The Gift » ou autre Frederik Aegidius.

D’ici là, André ne vas pas tarder à reprendre son rythme habituel, 2 entraînements journaliers, près d’une trentaine d’heures de coaching par semaine, la présentation du Podcast made in Inner Fight et la rédaction millimétrée de ses programmes en ligne.

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« J’ai de la chance, c’est un privilège d’avoir trouvé à mon âge un métier qui me passionne. Je tiens réellement aux personnes que j’entraîne et avec lesquelles j’ai pu développer une vraie relation. »

Et en attendant qui sait de peut-être le retrouver dans l’arène du French Throwdown, André continuera à poursuivre son leitmotiv #workfuckingharder.

http://www.AndreHoudet.com

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